Le 25 Juin 2015

Être Producteur-Commerçant, c'est s'engager aux côtés des éleveurs

Être Producteur-Commerçant, c'est s'engager aux côtés des éleveurs

Dans son numéro daté d'aujourd'hui, le quotidien Ouest-France donne la parole à Thierry Cotillard. Au cours de cette longue interview, le président d'Intermarché réaffirme avec force le soutien du groupement auprès de la filière porcine française.

Entretien avec Thierry Cotillard, Président d’Intermarché et Netto. 

Q : Les éleveurs porcins ont manifesté leur mécontentement face à leur situation. Que leur dites-vous ?

T.C. : Nous sommes conscients de l’urgence à agir suite aux difficultés de la filière porcine française qui fait face à une triple contrainte : la concurrence des pays européens, la fermeture du marché russe et l’augmentation des prix de l’alimentation animale. Depuis toujours, nous sommes un soutien très actif de cette filière, ce qui se traduit de façon très concrète au quotidien.

Q : Comment se manifeste cette implication de votre part ?

T.C. : Nous approvisionnons les 1 800 points de vente de l’enseigne à travers notre filière porcine à 100 % en viande française. Cette forte implication depuis 20 ans est due au statut très particulier du Groupement, qui est à la fois producteur et commerçant.  Ainsi, le groupement via Agromousquetaires, son pôle agroalimentaire, possède en Bretagne sept usines de charcuterie et trois abattoirs : Gâtines Viandes, la Société Briecoise d’Abattage et Josselin Porc Abattage, rachetés en 2014. Cette année, Agromousquetaires va plus loin avec la filière porcine et crée le logo Louis d’Armel. Celui-ci valorise l’origine France de ces produits ainsi que les éleveurs impliqués dans le contrat de progrès. Dans les rayons boucherie Intermarché, une toute nouvelle signalétique met par ailleurs en avant les partenariats de l’enseigne : «  Fiers de nos partenariats avec des éleveurs français ». 

Q : Avez-vous développé récemment d’autres actions concrètes ?

T.C. : Nous avons investi dans cette filière et sauvé l’an dernier, via notre pôle Agromousquetaires, l’abattoir Josselin Porc Abattage (ex-Gad) et entrepris la modernisation de ses lignes de découpe pour un montant de 20 millions d’euros. Un investissement équivalent sera également réalisé fin 2016 sur l’abattoir de Gâtines Viande, soit un total de plus de 55 millions investis sur 5 ans dans la filière porcine, de l’abattage à la transformation en charcuterie. Ces abattoirs se fournissent directement auprès des éleveurs des départements limitrophes, soutenant ainsi l’élevage sur le territoire. 

Q : Parallèlement à ces investissements dans la modernisation de la filière, vous avez aussi réagi récemment en faveur de l’augmentation du pouvoir d’achat des éleveurs…

T.C. : En effet, alors que le cours du porc reste en dessous de 1.25€/kg depuis plusieurs mois, Agromousquetaires a souhaité agir sur le cadran en augmentant ses prix d’achat, jusqu’à ce que le prix du porc atteigne un niveau proche de 1.40€/kg. Par ailleurs, Agromousquetaires, via sa filiale SVA Jean Rozé, a soutenu le troupeau allaitant français et les productions de jeunes bovins en augmentant également ses prix d’achat de 5 cts/kg par semaine. L’objectif de ces deux actions est d’atteindre un niveau de prix qui permette aux éleveurs de mieux se rémunérer. Ces augmentations seront absorbées par notre organisation en circuit court et sans intermédiaires. Ce qui permet de garantir aux consommateurs une viande de qualité à prix attractif.

Q : Quelle est la finalité de ces actions volontaristes ?

T.C. : À travers ces initiatives, Agromousquetaires souhaite contribuer au redressement et à la pérennisation des productions agricoles françaises.  Les Mousquetaires espèrent ainsi provoquer une prise de conscience en appelant à la mobilisation générale des opérateurs industriels et distributeurs concernés. Car agir seuls, n’est pas suffisant. Voilà pourquoi nous appelons nos concurrents à se joindre à nous. Agromousquetaires appelle également l’interprofession à généraliser et encadrer de façon plus stricte l’étiquetage sur l’origine française de la viande, pour l’ensemble des viandes fraiches et des produits transformés, de charcuterie et de salaisons. Comme vous le constatez, la défense de l’élevage français est l’un de nos principaux combats et pour lesquels nous nous engageons pleinement.

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